07 novembre 2009

AVICENNE

Le « Prince des médecins »…


De son vrai nom Abou Ali ibn Sina, Avicenne naît en août 980 à Boukhara, non loin de Samarkand, dans l’ancienne Perse, aujourd’hui l’Ouzbékistan. Son père est un fonctionnaire au service de la dynastie des Samanides dont les émirs gouvernaient la Perse depuis environ un siècle. Enfant prodige, le garçon montre très tôt des dispositions pour l'étude en se distinguant par sa précocité, son intelligence, sa mémoire et sa capacité de travail. En s'appuyant sur de nombreuses lectures dont le Coran et les traités d'Aristote, il se préoccupe de tous les domaines de la pensée et du savoir. Il acquiert ainsi très vite une grande maîtrise de l’Islam, de la philosophie, du droit, de l'arithmétique, l'algèbre et la géométrie, de la physique, de la géologie, de l’astronomie et des sciences naturelles. En cette époque du Haut Moyen Âge où la médecine est insignifiante en Occident, elle brille d’un vif éclat et connaît un développement remarquable à Bagdad, au Caire ou à Cordoue, notamment sous l’impulsion de grands noms de la médecine arabe tels Rhazès et Abulcassis, puis plus tard Avenzoar, Averroès ou Maimonide. L’adolescent s’intéresse donc à la médecine, notamment par l’étude des oeuvres d'Hippocrate et de Galien, et c’est surtout cette discipline qui lui vaudra sa célébrité.


Intéressé par les affaires de l'état, il approche les cercles de pouvoir et se met au service de plusieurs princes. Cependant, les vicissitudes politiques de cette époque tourmentée le conduisent à mener une vie itinérante et mouvementée, alternant les succès et les revers de fortune. Obligé de fuir à maintes reprises, il est même jeté en prison mais parvient à s’évader et trouve enfin refuge à Ispahan où il s’établit définitivement vers 1023.


Homme politique le jour, philosophe ou poète le soir, écrivain la nuit, il est médecin à ses heures. Travailleur acharné, il écrit de nombreux ouvrages sur toutes sortes de sujets mais son œuvre majeure est le « Canon de la médecine ». Cette monumentale synthèse du savoir médical de son temps, enrichie de ses propres observations, est ordonnée en cinq parties qui se caractérisent par leur limpidité exceptionnelle pour l’époque et une grande cohérence. Il y aborde, entre autres, la maladie ulcéreuse, le diabète, le cancer, l’apoplexie cérébrale, certaines parasitoses, la méningite, la pleurésie, la médiastinite ou l’abcès sous-phrénique, il pressent le caractère contagieux de certaines maladies infectieuses, il préconise le traitement des crises de goutte par des préparations à base de colchicine, etc...


Ce personnage emblématique du monde arabe expire en 1037, à l’âge de 57 ans, peut-être emporté par une affection digestive. Son tombeau se trouve à Hamadan, en Iran, et est un lieu de pèlerinage populaire. Cet homme génial, polyvalent et éclectique, à la fois médecin mais aussi philosophe, théologien, savant, artiste, homme politique et écrivain fécond, a largement contribué à l’apogée intellectuel de l’Iran de l'An Mil par l'universalité de ses connaissances, l'élévation de sa pensée et la qualité de ses écrits. Ses commentaires d'Aristote inspireront les penseurs occidentaux de l'école scolastique, tel saint Thomas d'Aquin au XIIIème siècle. Surtout, il lègue à la postérité son « Canon », fruit d’un labeur écrasant. Traduit en latin et en grec peu après sa mort, il sera un des piliers de la médecine arabo-islamique et influencera pendant plusieurs siècles la médecine occidentale. Ce rayonnement exceptionnel vaudra à son auteur le surnom de « Galien de l’Islam ». Ce « Prince des médecins » laissera enfin en 1978 son nom à l’hôpital franco-musulman, initialement destiné à accueillir les malades originaires du Maghreb et situé à Bobigny en région parisienne.

1 Comments:

Blogger ABEGA said...

C'est magnifique,il s'agit vraiment d'un homme exemplaire pour tout musulman(e) ayant compris le contenu du Qur'an. Car,ce dernier nous exhorte à apprendre toute science utile surtout comme la médecine.OUMAR OUSMANE CAMEROUN

11:53

 

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